26.09.2009
2009 09 26
La boutique aux épices
L'envoûtement débutait toujours sur le trottoir, devant la vitrine désuète et poussiéreuse que rien ne distinguait pourtant de ses voisines. Mais le charme n'opérait véritablement qu'une fois la lourde porte refermée derrière moi et le tintement de la clochette absorbé par l'atmosphère dense, alors que j'emplissais mes poumons d'une première bouffée grisante. Je fermais alors les yeux, attendant que m'envahisse l'étourdissement familier. Le rituel pouvait alors commencer.
Je m'avançais silencieusement, presque pieusement, entre les étagères massives qui encombraient la boutique. L'itinéraire ne variait jamais, suivant un tracé olfactif immuable établi des années auparavant par le propriétaire des lieux. D'abord l'Orient, bien sûr, dans toute la splendeur de ses teintes chaudes et éclatantes dignes des plus magnifiques tapis. Puis l'Afrique, avec son camaïeu d'ocre et de terre. Venaient ensuite les richesses venues d'ailleurs encore, de déserts et de montagnes, de champs et de forêts. La planète entière s'y trouvait représentée, emprisonnée dans ces imposantes jarres de verre.
Une fois ce dédale parcouru, mes narines imprégnées des mille parfums du monde, je me dirigeais à pas titubants vers le comptoir de bois verni où m'attendait, souriant, l'homme corpulent et barbu qui régnait sur cet univers. Derrière lui, chacune dans sa case soigneusement identifiée, des boîtes métalliques faisaient office d'écrins aux joyaux de sa collection, substances rares et précieuses autrefois tant convoitées.
Une porte ouvrait sur la réserve, caverne d'Ali Baba où l'on pressentait des trésors encore plus rares quoique contenus encore dans leurs emballages rustiques, des ballots de toile rude d'où sortait quelque ruisseau noir de café, des caisses mystérieuses auxquelles d'ailleurs je n'avais pas le droit de toucher car ma mère redoutait que quelque animal dangereux s'y cachât encore. On parlait de scorpions, de serpents, d'araignées démesurées et ce bestiaire exotique excitait mon imagination plus qu'il ne m'effrayait.
Cette réserve, je l'aimais autant que la boutique pour cette atmosphère de grenier magique où je pouvais parfois me cacher pendant des heures, enivrée de senteurs capiteuses. Toute ramassée derrière une pile de sacs, je restais perdue à écouter les menus bruits de voix venant de la boutique ou les paroles plus proches des hommes en blouse grise qui déchargeaient des marchandises dans cet antre.
Mais avant d'y entrer, un rituel, une sorte de droit de passage me retenait d'abord. Je devais contourner le comptoir et alors le gros homme se levait de la manière de tabouret de bar où il se posait au repos. Je montais alors dessus pour parvenir à sa hauteur et il me serrait dans ses bras. Un condensé de toutes les odeurs merveilleuses du lieu me pénétrait et me grisait. Je me sentais dans ces bras épais comme dans un château magique, riche et protégée. Je restais là, mussée, et c'est mon père qui le premier s'ébrouait et me demandait, de sa grosse voix soudain devenue toute douce, si j'avais passé une bonne journée à l'école.
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19.09.2009
2009 09 19
La note précédente ayant eu l'effet attendu - c'est à dire aucun, personne ne l'ayant lue - je vais recommencer tout seul la publication de "La boutique aux Epices". Si une des auteures tombe par hasard sur le texte et ne voit pas son nom, qu'elle ne se fâche pas pour autant : j'ai perdu les noms et sites au hasard du temps mais si elle se fait connaître, je rendrai volontiers a Césarine ce qui lui appartient.
Donc demain je publierai le premier chapitre... Peut être rectifierai-je certains chapitres, là encore que les auteures ne se formalisent pas si par un hasard impossible elle venaient a lire leur prose ailée amputée de quelques plumes.
Celà dit, je suis prêt à recommencer le piano a quatre mains avec qui en aurait envie.
Soyez indulgents s'il y a quelques typos : je me sers quotidiennement d'un clavier QWERTY et j'ai parfois un peu de mal a retrouver mes automatismes (et les accents...) sur un clavier francophone.
A demain...
20:23 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
02.09.2009
Appel a une ecrivaine
Il y a quelques annees, j'avais commence a ecrire un roman a quatre mains. Avec une canadienne - j'habitais alors en France - nous avions baptise le site "un piano sur l'atlantique et defini la ligne (tres generale) de l'histoire dont nous ecrivions un chapitre par semaine a peu pres, a tour de role bien sur.
Lorsque la premiere partenaire d'ecriture a du abandonner, j'ai poursuivi avec une seconde mais ca n'a pas tres bien marche, nos "couleurs" d'ecriture etaient trop differentes pour autoriser une homogeneite des textes.
Je reprendrai volontiers cette experience amusante avec une ecrivaine volontaire (je n'ai rien contre un partenaire d'ecriture masculin mais je trouve que co-ecrire avec une dame augmente le spectre des sensibilites, peut etre ai-je tort...).
Le texte est a disposition et je l'enverrai a qui serait interesse(e).
A au fait: dans l'instant j'utilise un ordinateur local donc sans accent mais les textes seront ecrits sur mon ordinateur personnel francais avec tous les caracteres diacritiques souhaitables et souhaites.
Ce n'est pas un piano sur l'Atlantique, c'est une bouteille a la mer... dans l'espoir d'une sirene a plume. Drole d'oiseau.
13:46 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
20.02.2008
2008 02 20
tu pleures parfois
quand le soleil s'éloigne
tu ferment tes yeux éphémères
et garde pour la nuit
des larmes de rosée
la main délicate des anges
passe doucement alors
défroisser les pétales
tu t'endors consolée
jusqu'aux flamboiements du prochain crépuscule
13:52 Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
07.02.2008
2008 02 07
Aujourd'hui c'est l'Année du Rat
Toutes les souris amoureuses
Ont mis leurs plus beaux falbalas
Pour une fête somptueuse
Dans tous les égouts de Bangkok
Les rats cuistots sont en retard
Ils font cuire des yeux à la coque
Et des gros beignets de cafards
Le führer des rats se fait beau
Lisse sa queue et ses moustaches
Et se fait épouiller le dos
Par la rate blanche sans taches
Ce soit nous ne dormirons guère
Toute la nuit ça couinera
Mais nous ne pouvons rien y faire
Aujourd'hui c'est l'Année du Rat
23:08 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note


